• !Deux arbres

    Un champ labouré, comme tant d'autres au Témiscamingue. Deux arbres qui détonnaient par rapport à leur entourage de terre balafrée. Avec ce cadeau du hasard, le reste de la tâche était aisé.

    (Ajout...) Plusieurs années plus tard, une visite a l'endroit exact qui a inspiré le poème... Curieux comme l'inspiration peut transformer la réalité: les deux arbres n'étaient en réalité qu'un seul (même si j'en ai longtemps vu deux) et il n'était pas feuillu, il n'y avait pas de forêt. Le paysage qui me semblait unique ressemble étrangement au pré de la page d'accueil de windows devenu plus que très ordinaire. Je vous partage la photo bien réelle de mes "Deux Arbres". Probablement que c'est le regard qu'on porte sur les choses qui façonne notre réalité.

    ! Deux arbres

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    DEUX ARBRES

     

     

    Deux arbres en tout bout de champ
    Se fréquentaient depuis longtemps
    Ils marquaient des labours l'extrémité
    Ils délimitaient de la forêt l'orée
     
    D'une race généreusement enfeuillée
    Ils jasaient le soir avec la brise de mai
    En berçant doucement les merles leur couvée
    Et des familles entières de passereaux enjoués
     
    Deux arbres en tout bout de branches
    Se rassuraient de tendres caresses
    Quand de lourds nuages les tracassaient
    Ou qu'un vent mordant les assaillait
     
    En juillet le soleil couchant les irisait
    Et la lumière y jouait avant de sombrer
    La nature tout autour les louangeait
    Deux arbres régnaient en splendide majesté
     
    Comme des éclaireurs enfouis en tranchées
    Épiant l'erratique avance du camp adverse
    Ils voyaient le sol sous le soc se labourer
    Et s'épanouir de soleil en averse
     
    Trop éloignés pour être de la forêt
    Ils n'étaient pas plus cousins des blonds blés
    Deux arbres étaient uniques dans leur dualité
    Ni de la forêt dense ou des champs labourés
     
    Sous les morsures répétées de l'automne
    Deux arbres pleuraient d'abondantes feuilles
    Nourrissant des sillons rendus stériles
    Par la dernière moisson et la saison morne
     
    Deux arbres de nulle part s'aimaient paisiblement
    Sous un épais et confortable terroir
    Leurs racines et chevelus s'entremêlaient
    Discrètement se nourrissant des mêmes espoirs

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  • Commentaires

    1
    Mardi 14 Février 2012 à 16:18

    Je sais pas si c'est parce qu'on est aujourd'hui la Saint-Valentin, je suis pourtant pas romantique, mais ce poème, lui, l'est beaucoup, je trouve...


    Je continue ma lecture, je repars sur la pointe des pieds...

    2
    Dididit Profil de Dididit
    Mardi 14 Février 2012 à 17:16

    Non mais... de la belle visite toé! Tu t'es payé une runne "poésie". J'ai plus entendu parler de "mon manque de..." que de romantisme dernièrement,  me semble. Peut-être que c'est comme les p'tites maladies (les pas trop graves là), peut-être que ça se guérit facilement. Je rigole là. Tu devais être en pantoufles encore, je t'ai pas entendu.

    3
    Jeudi 16 Février 2012 à 12:24

      tellement beau ,   

    4
    MarioB Profil de MarioB
    Mercredi 22 Février 2012 à 06:29

    Superbe, celui-là !

    5
    Dididit Profil de Dididit
    Mercredi 22 Février 2012 à 16:56

    Paysage aux abords d'une route trop passante pour que les gens prennent la peine de regarder. Comme la photo de mon avatar prise sur le bord de la route 117. Il suffisait d'arrêter pour saisir le moment

    6
    etiam
    Mardi 12 Juin 2012 à 00:52

    Ouf!!!J ai eu vraiment peur en voyant le titre . Je croyais que tu parlais de deux arbres au parc Osisko    ....Ouf!!!!   En passant , tres beau celui-la mais tu sais que je ne suis pas tres objective hiiii!!!!

    7
    Dididit Profil de Dididit
    Mardi 12 Juin 2012 à 00:59

    Non hi hi, au parc on en avait assez d'un pour attirer la police Pouliot.

    8
    malinamie Profil de malinamie
    Mercredi 21 Novembre 2012 à 03:06

    Dès qu'on commence à le lire celui là...doucement l'image  apparaît et quand on termine ce beau poème on a devant les yeux une toile superbe de douce tendresse . C'est beau cela...tu es  peintre avec les mots...

     

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