• La sainte flanelle du Montreal’s Canadian

    Un petit "pétage de coche" à la Zoreilles. Quand même pas trop sportif malgré les apparences. 

    À moins d'annotation contraire, toutes les images et tous les textes de ce blog sont protégés et ne peuvent être utilisés, en tout ou en partie, sans permission expresse de l'auteur.

     

     

    LA SAINTE FLANELLE DU MONTREAL'S CANADIAN

     

    On est en tout début d'année, le directeur du sacro saint club de hockey le Canadien de Montréal vient de faire son point de presse de mi-saison. Tout va bien dans le mal finalement. Ça va bien parce qu'il cherche activement des solutions aux pauvres performances livrées par son équipe lors des dernières semaines. Et ça va mal justement à cause desdites performances. Mais c'est un homme d'action il va y arriver, nous dit-il. Il termine la rencontre en parlant de l'importance, pour l'institution qu'est le club de hockey le Canadien, d'avoir un entraîneur bilingue. Il a même excusé son nouvel entraîneur, unilingue anglais, d'avoir perdu sept des huit derniers matchs. À ce compte où était l'urgence de limoger récemment l'ancien, sans préavis aucun… je ne comprends pas trop là.

    Les québécois se souviennent tous de la commotion causée par le congédiement de l'ex-entraîneur Jacques Martin, à la mi-décembre. On avait dit à ce moment pour excuser l'unilinguisme anglais du nouvel arrivant, qu'on avait dû agir vite. Que la situation l'exigeait et qu'il ne s'agissait après tout, que d'une nomination par intérim. Chez le Canadien on ne voyait aucun problème à ce que l'entraîneur de la seule équipe de hockey du Québec (et une des plus vieilles) ne puisse pas communiquer avec ses partisans dans leur langue. Ouh! En extrapolant, c'est comme si on disait, que les conférences de presses du club de foot AC Milan se tiendraient, du jour au lendemain, par un russe unilingue qui de plus, entraînerait l'équipe… dans sa langue bien sûr! Aucun problème? Je comprends de moins en moins.

    Bon, je ne savais pas par quel bout la prendre celle-là alors j'ai décidé de commencer par le début, c'est toujours une bonne chose ça. Le point de presse des derniers jours m'a fait penser à mon amie Zoreilles. Étrange hein! Hier je fouinais dans les archives de son blog et je me suis aperçu, avec la perspective que seul donne le temps, qu'elle sautait des coches. Et pas mal souvent à part ça. Même qu'elle les qualifie de noms d'oiseaux qui leurs vont à ravir, à ses coches. Ben c'est à mon tour. Ya un boutte à toutte ciarge!

     

    Je dirais qu'un poste de directeur comme celui du type qui a tenu le point de presse, ça commande dans les sept chiffres de rémunération annuellement si on compte le salaire, les avantages, les parachutes dorés ou pas (parce que ça vole haut ce monde-là) et les primes de départ-négociées-avant-d'arriver. Bien sûr, les des gens qui postulent à ces postes ont de l'expérience; il en faut pour administrer ces grosses boîtes et nul doute que le directeur avait ses lettres de noblesse. Mais, monsieur Gauthier, le directeur en question, devait être absent de ses cours d'administration, le jour où on a parlé de l'importance de la relève dans une entreprise, de la proximité avec la clientèle, de l'image de l'entreprise.

    Normalement en cours de formation, on aborde ces sujets délicats avec des grandes questions philosophiques préalables du genre : Une relève ça se prépare en permanence… C'est bon d'avoir un plan B convenable, juste au cas où le premier croulerait sous les imprévus… C'est essentiel de bien communiquer avec sa clientèle (ses partisans), d'entendre ce qu'ils ont à dire et réajuster son tir… etc.

    À voir aller le directeur du club, il a dû manquer une bonne partie des cours qui traitaient de ces sujets finalement. La raison de ma coche aujourd'hui, parce que j'ai décidé de faire comme Zoreille, c'est qu'il avoue bien candidement qu'il prend une bonne partie de ses décisions cruciales de façon inappropriée, qu'il gère au jour le jour, se contentant d'éteindre les feux et qu'il se fiche éperdument des gens qui gardent l'équipe en vie. Moi je trouve que ça pue le manque de respect et l'incompétence un discours comme ça. Et pour régler ce qui ne tourne pas rond, il regarde tout le tour comme il dit et il agit vite, nerveusement. Sans vouloir lui mettre des mots dans la bouche, ma vieille mère lui aurait conseillé de commencer par s'acheter un miroir.

    Le moins qu'on puisse dire, c'est que les éliminatoires de la coupe Stanley ne feront pas vibrer les chaumières ce printemps au Québec… à moins d'un miracle. Mais c'est un juste retour des choses dans le fond. Si les propriétaires dorment eux aussi, ils en feront au moins les frais.

     

    Mais la vraie raison là, ce qui gonfle ma coche encore plus que de raison, c'est l'éternelle question de langue.

    En Amérique du Nord, il y a tout près d'un demi-milliard d'habitants non? Trois cent cinquante mille de ces gens environ vivent aux États-Unis et au Canada : terrain de jeu de la Ligue Nationale de Hockey. Le Québec avec ses six ou sept millions d'habitants fait figure du village gaulois d'Astérix dans cette mer anglophone. Attendez, je divise pour parler en pourcentage, (monsieur Gauthier peut comprendre le langage des pourcentages, je suis sûr de ça). C'est bien ce que je pensais. Si on prend pour acquis que tout les québécois parlent français, ça donne une proportion de moins de deux pour cent. Ce chiffre peut presque fondre de moitié en tenant compte de la réalité anglaise en territoire québécois.

    Mais ce que les gestionnaires (!) du club ne semblent pas réaliser, c'est que le canadien de Montréal est l'image identitaire sportive de cent pour cent des habitants de cette province. C'est, malgré tout, une icône francophone dans cette mer anglophone. C'est ce qui en fait un club rentable et à haut profil dans la ligue. C'est aussi ce qui cimente son marché et permet de faire entrer les dollars malgré les hausses astronomiques du coût des billets.

    Ne vous en faites pas, aucun entraîneur unilingue français, aussi compétent soit-il pourrait seulement rêver de diriger une autre équipe de hockey n'importe où ailleurs au pays. Et on ne peut pas dire que la langue anglaise soit menacée en Amérique du Nord hein!

    Pour le français, c'est une autre histoire. Il est mal protégé par un attrait (naturel) vers la langue de la majorité de la part des nouveaux immigrants. Il est mal protégé par une loi 101 édentée. Il est mal protégé par des accommodements qu'on veut raisonnables, parfois à notre détriment. Il est mal protégé par les courtes vues des récentes cuvées d'hommes politiques. Finalement il est mal protégé par un affichage commercial outrageusement effronté et méprisant envers la majorité française sur le territoire québécois. Et ce n'est pas l'Office de la Langue Française, le caniche de garde, qui va changer quoi que ce soit. Monsieur Gauthier, un québécois de langue française, peut-il vraiment être étonné du tollé que ses décisions mal planifiées a soulevé? Si au moins l'équipe gagnait.

    Ouf! Ça fait du bien, la coche.

    Pendant ce temps, l'Office de la Langue Française annonçait une campagne de publicité d'un demi-million de dollars pour demander aux commerçants (principalement de Montréal) de bien vouloir respecter les spécifications relatives à la langue d'affichage. Demander poliment hein, on offre même des subventions aux contrevenants. Pour faire dans le très local, je dirais d'un seul souffle que : « c'est l'boutte d'la marde ». Peut-on s'il-vous-plaît exiger (EXIGER) que la minorité respecte les lois en vigueur visant à protéger des acquis qui sont autrement menacés, sans compensation pour la mauvaise volonté des commerçants, la plupart du temps mal intentionnés ou paresseux.

    Dans ce chaud climat malgré l'hiver, le Canadien de Montréal se coupe de ses supporteurs en exprimant verbalement l'importance de leur langue au sein de l'équipe et en nommant un unilingue anglais au poste le plus en vue. De qui veut-on se moquer?

    Il ne faut pas se méprendre, je n'ai rien contre le bilinguisme, je parle assez bien l'anglais moi-même et je le parle volontiers. Mais quand on me pile sur les pieds, je ne m'excuse pas.

    Monsieur Gauthier, allez faire un tour au magasin The Bay, dans l'ouest de l'île de Montréal, ils ont de beaux miroirs. Si la vendeuse ne vous comprend pas, le mot anglais c'est mirror… mais vous savez sûrement ça.

     

     

      


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :