• Le Printemps

    L'autre côté de la saison d'espoir. Une autre façon de voir les choses. COEURS SENSIBLES S'ABSTENIR.

     

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    LE PRINTEMPS

     

    Aujourd'hui le printemps a vomi sur la ville
    Son trop-plein d'hiver en ce doux avril
    Je le sais parce que j'ai senti tout à l'heure
    Un mince arôme d'une drôle de couleur
    Comme si le béton maintenant dégelé
    S'était permis d'un coup de régurgiter
    L'urine de tous ces chiens qu'on promène
    Les soirs d'hiver dans le froid à grand-peine
    On sentait l'odeur de la femelle en rut
    Dans ce fumet insolent flottant sans but
    Autre que de nous livrer son code canin
     
    Le printemps y était avant l'herbe et ses brins
     
    Plus tôt vers midi
     
    Le printemps a vomi d'insistants relents de vidange
    Des merdes crémeuses sortant de couverture blanche
    Où elles ont sommeillé tout l'hiver bien au froid
    Excréments caressés par la lèche d'un soleil roi
     
    Le cor a déchets mal vidé depuis long
    Embaumait il était devenu déchet-actif
    Tel l'uranium échappé d'un lest de plomb
    La brise charriait prestement ce zeste vif
     
    Le soleil ravivait de son teint jaunisse
    Tous ces effluves aux accents de pisse
     
    Aujourd'hui le printemps embaumait volait
    Aux émanations puantes des moteurs diesel
    Échappées des bus pressés d'une course folle
    Essoufflés d'arrêts en coins de rues en arrêts
     
    Le printemps a vraiment dégueulé
     
    Un lourd courant chargé d'ail émanant d'un poêlon
    Beurré s'échappait par la fenêtre du logis du coin
    Entre les rideaux on devinait le profil de l'italien
    Préparant religieusement une sauce aux poivrons
    En groupe des moineaux attirés par l'air à l'ail flottant
    Peinturaient de fiente le rebord de la margelle de ciment
     
    Plus bas en avant dans le parterre
    Les feuilles avaient recommencé à pourrir
    Comme pour se faire pardonner de mourir
    Infiniment à chacun des octobres
     
    À bord des autobus les gens étaient serrés plus que de raison
    Bien engoncés dans leurs lourds lainages de la froide saison
    Tous fortement surpris par l'arrivée de la vague d'espérance
    De leurs aisselles s'échappaient une intenable puanteur rance
    Qui se mêlait aux pâles visages nimbés d'haleines fétides
    En ce premier jour de doux temps le printemps puait raide
     
    A la surprise de tous l'été s'est annoncé humide
    Le printemps en a donné un léger avant-goût
    Avec sa riche palette d'odeurs putrides
    Répandue sur la ville de bout en bout

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 18 Mai 2012 à 14:45

    Ton choix de mots est tellement beau que le coeur me levait presque pas!

    2
    Dididit Profil de Dididit
    Vendredi 18 Mai 2012 à 15:40

    Ça marche pas là. Je te remercie tout de même mais t'étais supposée me traiter de dégueulasse, de taré, d'empêcheur-de-tourner-en-rond etc. J'aime choquer à l'occasion. Cette journée-là, j'ai dû avoir un caillot en cavale sur l'inspiration. Je ris tellement.

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