• Le Troisième Mensonge

    Le dernier de la trilogie. Écrit avec le même souffle. Très inspiré.

    À moins d'annotation contraire, toutes les images et tous les textes de ce blog sont protégés et et ne peuvent être utilisés, en tout ou en partie, sans permission expresse de l'auteur.

     

    Le Troisième Mensonge.

    Agota Kristof, éditions du Seuil, 1995

     

    « Le soleil se couche, le ciel prend des couleurs, orange, jaune, violet, rouge, et d'autres couleurs pour lesquelles il n'existe pas de mots. »

    Troisième récit, Claus est dans la prison de la petite ville, la ville de « K », sans ressources. Le directeur de l'établissement, qui apprend à jouer aux échecs de son prisonnier, fait preuve de laxité. Se croyant atteint d'angine, Lucas sait que ses jours sont comptés.

    Il relate ses souvenirs d'enfance à l'hôpital où il est arrivé dès l'âge de quatre ans puis au centre de rééducation. Finalement il corrige, infirme ou confirme le récit des faits raconté dans les deux premiers volumes.

    Après un bombardement, c'est une religieuse qui l'a amené dans la petite ville chez grand-mère. Il se souvient qu'elle l'appelait fils de chienne. Son passage de la frontière est également rectifié. Il avoue que le Grand Cahier contient des mensonges. « Ce sont des choses inventées, des histoires qui ne sont pas vraies mais qui pourraient l'être ». Ce cahier sera taxé par le chef de police de simple œuvre de fiction.

    Claus est en quête de son frère tout au long de son séjour mais, l'aurait-il assassiné? Même s'il avoue un autre… un énorme mensonge rendant la chose impossible.

    « Pensez-vous que je suis (fou)?

    Non, je pense seulement que vous confondez la réalité avec (votre) littérature. »

     

    L'ambassade de « D » le sort de sa prison et le fait venir dans la capitale avant de le retourner dans l'autre pays. Les fonctionnaires localisent quelqu'un qui pourrait être son frère. Il vit également dans la capitale. C'est Klaus (avec un « K »), Klaus Lucas, un important poète du pays : reclus. Il retrouve la maison qui l'a vu naître. Il retrouve son frère qui le renie. Il lui remet son Grand Cahier en lui demandant de le terminer. Et repart.

    Curieux, la femme de son frère s'appelle Sarah, comme l'amour de Claus jadis. Elle aussi vit dans la ville de « K » pour l'instant, tout près de la librairie.

    Tous les lieux, villes, pays, sont résumés par une seule lettre leur ayant été attribuée (ambassade de D, ville de K, ville de S. Le nom de famille est T. La seule ville avec un nom pourrait aussi être une lettre : capitale.). La réalité de Claus ou Klaus, son pays, serait-il l'alphabet? Une simple lettre modifiée et il devient quelqu'un d'autres.

    Puis, enfin, « LA chose » lui est révélée; pour ça aussi il n'y a pas de mot possible. La clé de tout. Le passe nulle part. L'envie de dormir… « … moi aussi je veux dormir : comme Lucas, comme Mère, comme Père ».

    À quatre ans, Klaus s'était retrouvé hébergé chez une voisine. À huit, un autre terrible secret lui sera révélé.

    Finalement Klaus et Lucas auront habité tous deux la ville de K en même temps. Leurs destins étaient parallèles.

    Marqué à l'âme de ses secrets Klaus, connaîtra un premier amour inavouable et éternel. Klaus aura son errance lui-aussi. Lucas se suicidera peu après sa tentative de retour ratée.

    Mais cette mort réunira la famille d'une façon étrange (bien sûr).

     

     

     

    Encore toujours aussi passionnant, énigmatique, bouleversant. Dernier de la trilogie.


    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :