• Les Touristes ne vont pas à Abalak

    Un livre qui  suscite l'intérêt envers une expérience de vie hors du commun.

    Photos ci-dessous, un coucher de soleil à partir de la terrasse du Grand Hôtel à Niamey et un mélange de culture, des Peuls autour du sapin de Noël   (photos Daniel Dumont 2005)

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    Les Touristes ne vont pas à AbalakLes Touristes ne vont pas à Abalak

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

    Les Touristes ne vont pas à Abalak, (un récit qui laisse des traces… en soi)

    Louise Dallaire, l'ABC de l'Édition, 2007

     

    Avez-vous déjà lu les romans d'aventure de Bob Morane, dans la collection Marabout? Moi si, et plusieurs. « Le mystère de Jade », « L'Ombre Jaune », « Le Retour de l'Ombre Jaune » etc. C'était des romans captivants qui ont connu un grand succès chez les adolescents il y a longtemps. Ça commençait souvent par une conférence « donnée par… » ou une mystérieuse lettre anonyme « reçue par » un professeur londonien ayant vécu dans des pays sur lesquels les anglais avaient des prétentions colonialistes... l'Inde, l'Égypte etc. Un mystère prenait place en quelques lignes et hop, le Bob qui prenait l'avion à la recherche de quelque trésor bien celé. Il devait toujours composer avec des impondérables flous et mystérieux… Toujours il y avait des bandits et parfois des meurtres mais… bon, toute comparaison ne peut être parfaite, ne soyez pas trop exigeants. Il n'y a pas de ce genre d'événements dans les Touristes ne vont pas à Abalak.

    Et bien, LTNVPAA (j'abrévisionne un peu pour alléger), ce livre donc, commence comme un Bob Morane. Une vie rangée dans une petite banlieue lavalloise, (dans le cas de Bob, c'était la gaieté de la campagne anglaise); une mystérieuse lettre d'origine lointaine qui annonce sans trop dire; hop l'avion; du sable, du musulman, de la graine de Méditerranée (de l'exotisme quoi); un entourage de boros kou kou aux paroles étranges et des voyages en Jeep. Un marabout (un peu sorcier), une étrange présence de plume tout au long du récit (comme la plume du destin qui touche Forrest Gump au début de son film et qui repart à la fin). Une mystérieuse confession dans un aéroport perdu faite par une inconnue probablement aussi perdue, qui a donné le titre du livre. Tout y est pour susciter l'intérêt, je vous dis.

    Pour ma fiche de lecture, j'avais pensé appliquer un surnom à l'auteure pour faire comme Bob Morane… (je suis sur que c'était pas son vrai nom Bob, mais il faut faire avec). Cependant, dans le cas présent, l'auteure est une fille… alors je voulais l'appeler Bobette (pour continuer mon éloquent parallèle avec Bob), mais ça fait trop intime pour le Québec déjà. Alors je lui garde son nom de baptême à la wai boro.

    Premier commentaire, ça se lit comme un vrai roman d'aventure. C'est très bien écrit. Le rythme est soutenu et la syntaxe est simple. On sent le discours sincère. La sincérité ça sent quelque chose. Je sais pas trop la couleur de l'olfaction de la chose, mais ça dégage la sincérité, ça c'est sûr. Il y en a dans le livre et beaucoup.

    Deuxième commentaire (et c'est là que ça me touche de plus près), c'est un livre bien structuré et crédible. Pour ce dernier commentaire, c'est facile, j'ai vécu tout plein de situations semblables dans le même pays. L'approche est directe et même presque candide. Le sujet est traité avec rigueur.

    Et là, le sous-titre du livre m'a rejoint. J'ai vécu des choses similaires je disais, et j'ai des souvenirs précis et vifs dont je n'ai jamais parlé. Probablement parce que mon angle d'attaque par rapport à ces souvenirs est différent de celui de Louise Dallaire.

    Par exemple, les nombreux détails de mon entrevue d'embauche pour le poste et la préparation que j'y avais mis. Je me souviens de l'heure exacte et de l'endroit où je me trouvais (au mètre près) quand on m'a appelé pour confirmer mon départ pour le Niger.

    Je me souviens aussi très, très précisément du lundi matin où j'ai descendu mon énorme valise du deuxième étage de ma résidence, le jour de mon départ. Je me souviens des questions que je me suis posées en manipulant ce monstre. Je n'avais pas le goût de rire. Souvenirs précis aussi de l'aspect de la cour de la maison quand j'ai mis l'auto en marche en partant pour Dorval. Et cette autre immensément très forte intuition dont je n'ai jamais dit mot et qui s'est réalisée.

    Également tus, le marathon aux vaccins pré départ dans une clinique privée d'Ottawa, l'effet qu'ont produit sur moi les arbres en fleurs à Paris, alors que j'attendais mon premier vol direct pour l'Afrique. Les questions et les doutes qui m'assaillaient. La trouble impression de différence quand j'ai réalisé être un des seuls blancs dans la dernière salle d'attente pour le vol d'Air France vers Niamey.

    Sous silence, l'impact de la chanson du MCPEC qu'on m'a fait entendre pendant toute ma première semaine là-bas. Les ânes dans la rue, les mendiants, la senteur, les caniveaux au grand air, le rouge sable, la chaleur au sortir de l'avion, etc.

    Mais c'est pas le bon endroit pour ressasser tout ça, je le ferai cependant... à cause de cette lecture. Je réalise que j'ai été moins franc que Louise Dallaire en situation semblable.

    La petite carte géographique au début du livre LTNVPAA, m'a fait comprendre que Abalak c'est moins le désert que je croyais. C'est un peu plus au nord que la route nationale qui relie Dogondoutchi à Maradi. Et les gens de Dogondoutchi c'est des vlimeux, je vous en passe un papier. Ça aussi c'est à venir, la mise en texte de mes notes sur les Maoris de ce coin du Niger. Mais là c'est pas pareil comme les autres souvenirs, c'est juste que j'ai pas pris le temps.

    Je m'imaginais Abalak près d'Agadez, qu'on surnomme la porte du désert. Mais il n'y a pas de géographie et de carte routière qui tiennent quand le voyage est avant tout intérieur.

    On dit souvent que les gens ordinaires n'ont pas d'histoire. LTNVPAA est la preuve du contraire. Une auteure qu'on connaît (ou avec laquelle on peut facilement entrer en contact). Quelqu'un qui a su provoquer ses propres aventures. Une femme qui a osé. (Vous essaierez d'entrer en contact avec Bob Morane… ça craint déjà, rien que d'en parler.)

    Sur la couverture et en toute première page, il y a comme un espèce de sous-titre : « Un récit qui laisse des traces… en soi ». Après les points de suspension, le dernier bout de la phrase tombe comme une mise en garde, presque une menace. Pour terminer ma fiche de lecture, je dois dire qu'il s'agit d'un livre d'ambiance, de bien belle ambiance.

    J'ai envie de reprendre cette phrase et de la compléter : « Un récit qui laisse des traces de soie… en soi ».

    Impressionnant, bravo pour la justesse du discours.


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  • Commentaires

    1
    Au coeur de Malina Profil de Au coeur de Malina
    Samedi 16 Juin 2012 à 22:04

    Mais il n'y a pas de géographie et de carte routière qui tiennent quand le voyage est avant tout intérieur.....elle est ben belle cette phrase...c'est tout toi cela...Ta fiche de lecture est passionnante...et je VEUX le livre.... ; )


     

    2
    Dididit Profil de Dididit
    Samedi 16 Juin 2012 à 23:15

    Étrange Malina drôle! Si tu es patiente, je te le prêterai. Il faut la patience car il est déjà en voyage. Il reviendra probablement et alors, tu l'hébergera un bout si tu veux.

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