• Ma Huit

    Un poème à la racine de l'étoffe tough. Je me cache avec Arleen mais ne me trouvez pas trop vite, je parfais mon anglais. Des accomodements avant le temps. Probablement pas raisonnables. Liberté avec les mots pour traiter de celle de l'enfance. Une période sans trop de conventions... autres que celles qu'on voulait bien s'imposer.

      

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    MA HUIT

     

     

    La huitième c'est Jacques Huot
    Avec ses cheveux en brush cut
    Il restait face au quatre-vingt-douze
    Dans le haut d'une vieille caboose
     
    (Pas très loin du cordonnier Drouin)
      
     
    La huitième rue de mon enfance
      
     
    C'est le shak à Bélisle
    Enrobé de papier-brique
    C'est les maraudes du taxi au gros Arbic
    Autour du chinois Horne Radio Grill
      
     
    Ma huit
      
     
    C'est les longs fils de cotes jetés
    Aux rebuts derrière chez T.A. Richardson
    Broker of Mining Properties
    C'est ses clients assis dans son salon
    Les yeux rivés au ventre de ma région
      
     
    Même aujourd'hui pour moi la huit
      
     
    C'est encore l'humilité affectée
    De Hans Wiepans le bijoutier
    Contrastant avec l'allure fière
    Du propriétaire de Clark Men's Wear
     
      
    Sur ma huit
      
     
    Plus haut vers la mine Noranda
    Daniel Leclerc est encore là
    Les gros bras des trois ruelles à l'affût
    Toujours disponible pour le chahut
      
     
    Ma huitième rue entre deux ruelles
      
     
    C'est le souvenir furtif de félins mal élevés
    Qui le jour épient Médor aux crocs acérés
    Et se languissent sitôt le soir tombé
    On n'en fait plus de ces bâtards racés
      
     
    La huitième rue by night
      
     
    C'est le Modern Hotel la guitare de Jimmy James
    Pleurant en harmonie avec ses Candy Canes
    C'est la forte senteur de houblon
    Envahissant la Barber Shop à Gagnon
      
     
    Ma huit le dimanche
      
     
    C'est l'écho du curé Leroux
    Et ses vibrantes oraisons
    Débordant des vitraux aux tons doux
    De l'église Notre-Dame de Protection
      
     
    Depuis que j'ai quitté la huitième rue
    J'ai emprunté de nombreuses avenues
    J'en ai vu des plus propres des plus nettes
    J'en ai vu des plus larges des plus coquettes
     
    S'il faut huit merveilles en ce bas monde
    Les boulevards et allées peuvent faire la ronde
    Aucune ne m'apparaît plus près quand j'y pense
    Que la bigarrée huitième de mon enfance

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  • Commentaires

    1
    Mardi 15 Novembre 2011 à 17:19

    Ah ta huit, elle me vibre la fibre all right! C'est tellement beau pis laitte en même temps que c'en est touchant. C'est « ÇA », c'est tellement « ÇA » que ça me vire à l'envers.


    M'ennuyais de ta huit. Tellement!

    2
    Dididit Profil de Dididit
    Mardi 15 Novembre 2011 à 17:49

    Original ça! On m'a déjà dit que c'était beau (j'étais pas entièrement d'accord). On m'a déjà dit que c'était  "BOF" (j'étais pas du tout d'accord). Beau-Laitte ouen, ça doit être ça le genre: Beau-Laitte.

    3
    Etiam
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 02:57

    Tu as tout dit et tellement bien dit . C est en plein ca NOTRE huit

    4
    Dididit Profil de Dididit
    Mercredi 18 Janvier 2012 à 04:27

    Salut E.T. Je peux diminuer ton pseudo de Étiam? Je vais te faire ressembler à celui qui venait de l'espace là... Oui, oui, E.T avec un doigt lumineux tsé là! (Hi, hi, hi, hi...). Je suis heureux d'entendre que tu reconnais le profil. C'est peut-être dû au style beau-laitte comme dirait Zoreilles.

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