• Ourse bleue

    Un beau roman à propos du nord. Pas le Grand, froid et glacial. Le moyen frais et pur. Une belle évasion



    OURSE BLEUE

    Virginia Pésémapéo Bordeleau

     

    Un livre prêté qui parle de paysages connus, qui parle d'émotions d'amour connues, qui parle de vertiges de rupture amoureuse… connus aussi.

    Ça parle également de spiritualité amérindienne, presque d'ésotérisme par quelqu'un qui… « marche sa parole. »

    Un beau livre parce que c'est très bien écrit. Un vrai bon livre parce qu'on a envie de tourner les pages juste pour voir ce qui va se passer. Quelques petites longueurs, surtout au début mais bon… petites seulement les longueurs.

    Le temps que l'intrigue se mette en place et on s'assoit en voyeur sur le siège arrière de la voiture pour ce voyage dans le nord.

    J'ai reconnu les amérindiens que j'ai côtoyé toute ma vie sans vraiment leur parler. Le roman me les a présentés dans une lumière nouvelle : eux, mais autrement. Sans complaisance on reconnaît les symptômes de problèmes universels (viols, inceste, alcoolisme etc.). On reconnaît aussi l'intime et gratifiant contact avec la nature.

    Mais.

    L'histoire d'amour est grande et dévorante. Tellement qu'on se demande si la mort de l'être aimé est une fin ou un début. Les descriptions du nord sont plus que réalistes, elles sont vraies, d'évidence.

    Un songe annonciateur d'un drame d'amour commence le récit qui raconte surtout un voyage vers la Baie James, avant les grandes eaux. Un voyage vers la liberté. Le quotidien de ce déplacement s'intercale entre des flashbacks d'une enfance vécue en pleine nature. Et le voyage devient une quête pleine de sens. (vraiment bien amenée la transition)

    « Des villes naissent et meurent avec les mines. Des hommes, des femmes vivent dans l'espoir que le ventre de la terre leur donnera de l'or ou du cuivre pour l'éternité. Le filon s'épuise. Alors, ils démantèlent l'espoir et l'enterrent derrière eux en détournant les yeux. Avec du chagrin. »

    « La solitude annoncée nous galvanise. Le murmure d'une voix intérieure évoque la beauté farouche d'une terre à découvrir, d'un espace à boire de tout notre être et de son souffle à mêler à nos jours et nos nuits à venir. Soudain, nous sommes heureux. »

    Recherche de racines un peu algonquines, mais pas totalement… un peu blanches mais pas totalement… un peu cries mais pas totalement…

    La finalité de la quête s'apparente au fantastique mais loin de gâcher la sauce, elle coule de source.

    « … un sentier plein de nœuds, comme des orteils de grandes épinettes… ».

    Etc. etc. Un ben beau récit de vie aussi…








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