• Que c’est donc l’été

    Retour de fin de soirée pour un constat. La saison m'active ailleurs depuis un mois ou deux.

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    QUE C'EST DONC L'ÉTÉ

     

    Tout se fige étrangement. Le vert des arbres et des brins est moins tendre. Si l'air n'était pas si chaud, on dirait qu'il gèle, soudainement alourdi. Les gens de la ville la quittent pour ailleurs, pour s'emplir les yeux et la tête. Les gens d'ailleurs quittent la campagne pour visiter des villes, pour s'emplir les yeux et la tête. Étrange.

    On tue la routine. En été, tout va, si l'air est nouveau.

    On tue l'hiver, juste un peu, car on sait qu'il va revenir… mais il faut l'oublier, c'est l'été.

    On ne cherche plus le soleil comme on le faisait ce printemps, on s'en protège. On rêvait de baignades, pourtant on reste à l'ombre et au sec, enivré d'aise. Cet après-midi, au parc, deux promeneurs s'étaient assoupis à l'ombre d'un érable généreux. Assommés d'été, ils dormaient à même le sol!

    Non mais, c'est donc l'été.

    Plus de visages connus à la télé. C'est l'été pour eux aussi. De nouvelles figures s'évertuent à rendre intéressante la moindre nouvelle. De toute façon on s'en fiche, maintenant l'essentiel se passe à l'extérieur, loin du petit écran. On s'est alangui depuis quelques semaines et ça ne semble pas demain, la veille du retour aux quotidiens lisses, égrisés. Pourtant, il faudra y penser à un moment donné.

    Plus de nichées dans les arbres. Les oiseaux chantent encore, tôt le matin, mais avec moins de ferveur. Les hirondelles ont fui déjà. On se donne congé. Congé de stress, congé de petits malaises. On se donne la vie plus facile.

    Si on reste chez soi, c'est pareil comme partir. C'est rigolo. On ne part pas faire le touriste ailleurs alors c'est les gens d'ailleurs qui viennent tourister chez soi. Même paysage, nouveaux visages. C'est l'été, tout va.

    Comme un flottement. Le temps s'englue après la fébrilité printanière. Tout juste avant le doux émoi d'automne.

    Un début de cheveux gris dans une chevelure jais. Les jours s'amputent lentement de quelques minutes à chaque livrée du soleil. À peine quelques brefs battements de cœur.

    Les saltimbanques montent des scènes un peu partout. Partagent sourires et amour. Quand leurs ballades se taisent aux petites heures du matin, les nuits naissantes nous dévoilent de petits frissons cachés au nord du soleil. À peine si on le remarque.

     

    Non mais, on dira ce qu'on voudra, sans atteindre l'intensité des premiers rayons jaunes du printemps, c'est bon et bien, l'été. Cette grande période de rien nous permettra de retrouver bientôt avec enchantement, ce qui meublait notre tout auparavant.

    Je suis plutôt bien là. Réellement, c'est pas mal l'été.

    Mais attention, l'été débarque sans qu'on s'en rende compte, uniquement parce que le printemps est sournois. Il nous fait passer de sous zéro à pas de zéro du tout, par petits à-coups. Comme une valse : un pas dans le soleil, deux pas dans la slush. Comme un rigodon : swignez la température, changez de journée vous vous êtes trompés, domino le mercure a chaud… ne changez surtout pas de compagnie et le printemps mourra, vous ne vous en rendrez même pas compte.

    Mais une fin d'été c'est pas pareil. Si on a les sens un peu en alerte, on peut dire précisément à quel jour il commence à tourner de l'œil. Une matinée d'août identique à toutes celles de juillet, la brise, auparavant confortable, remplacera ses promesses, par des accents de fraîcheur inhabituels. On s'était pourtant habitué. Fraîche nostalgie ou froide tristesse selon les années, ça s'installe doucement mais en permanence à la naissance et à la mort des journées. Normalement ça arrive n'importe quand, dans la première dizaine d'août. Un allant différent, presqu'une émotion. La texture des heures n'est plus la même. Ça arrive d'un coup, sans prévenir.

    Mais pour l'instant pas de problème. Eh, que c'est donc l'été. Je me suis donné congé de devoir. Mais ça va revenir.


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  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Août 2012 à 22:00

    Ah que c'est donc beau que c'est donc vrai que c'est donc ça... Je m'ennuyais de ce que tu écris, même si j'ai pas le temps, je m'en suis payé un, juste un, de tes billets savoureux.


    Y a juste toi qui écrit de même.


    As-tu remarqué que le soleil d'août, comme aujourd'hui, a un petit air nostalgie, de last call? Il est plus orangé que jaune, plus oblique que direct, plus... détaché on dirait... Il est en train de faire ses boîtes...


    Merci pour ce bon moment passé avec l'un de tes textes... Je le sais, ils sont là, offerts, on est libres de les lire quand bon nous semble... mais j'avais un gros ennui et pas le temps de me rendre en bas de la page.

    2
    Dididit Profil de Dididit
    Mardi 28 Août 2012 à 05:10

    T'es ben donc drôle. Celui-là c'est comme une photo dans le temps de la saison. Clic! et on fige une poussière de temps. Après, quand on regarde, on voit plein de détails qu'on aurait laissé passer sans le clic! Comme une vraie photo qui nous fait des mâchoires ouvertes quand on n'en veut pas ou des yeux rouges. Ou un clic qui dévoile un petit bonheur qu'on croyait caché au fond ou qui fait remonter une petite peine au premier rang de l'évidence. Tant mieux si ça a mis du positif dedans ton oeil! Ça va balancer pour ton vert Fatima qui me fait sourire à tout moment depuis un an. C'est donc dommage que les mines ça soit loin de la méére.

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