• Roi Alphonse

    Vapeur d'antan joliment inexacte ou fabulation à propos de vrais quotidiens... au choix.

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    ROI ALPHONSE

     

    Ça  me traque les moments de vie parfois.

    Je me revois dans l'office…

    Au pays du pas-trop-de-langue, on doit forcément emprunter des mots aux voisins pour étoffer le discours. The office… la pièce qui sert de bureau. Attention à la prononciation. Zeee off—hisse. Le terme avait été vampirisé de l'anglais et confusément intégré, sans traduction préalable. Il a rapidement été accolé à l'imaginaire de mon français approximatif. Une vie plus tard, le mot office, génère encore, pour moi et mes semblables, une même image de petite pièce, exiguë, où on liquide les choses administratives d'un aussi petit commerce. Local embourbé de paperasse et toujours en désordre.

    L'office était « meublé » par une table qui faisait « office » de bureau. De bureau-le-meuble… devant lequel on s'assoyait pour écrire. Pour être plus précis, le bureau de l'office était une table autour de laquelle, pendant un certain temps, on s'était réuni quotidiennement pour manger. Mais, même alors, cette époque était révolue. On ne mangeait plus autour de cette table-là qui était devenue, avec le temps, le bureau de l'office.

    Ouf!

    Petite récapitulation. Je suis assis à une table qui a une deuxième vocation. Elle sert de bureau-le-meuble dans l'office qui est en réalité un bureau-la-pièce.

     

    Je sens que ça porte, ça va tenir.

     

    Donc je suis assis au bureau dans l'office. Je dépasse à peine la dizaine d'années d'âge.

    Tout d'un coup, j'entends une dissonance dans le calme habituel de l'endroit.

    • Aaaahhhh! Petit silence. Burrrp, éructation légère suivie d'un rot d'une sonorité à faire pâlir d'envie un la bémol bien harnaché.

    Puis un silence plus long.

    Je souris, c'est Alphonse.

    J'ai reconnu les vibrations de Alphonse Legardeur. Je regarde l'heure au cadran de l'horloge. Tout est plausible. Normalement il termine son boulot un peu avant 4 heures 30 de l'après-midi. La senteur plombée du houblon de sa bouteille de bière, se rend jusqu'à moi par le carreau et trahit sa présence, même pendant les pauses silencieuses.

    Le carreau là, ben lui aussi ce n'est pas un vrai. Beaucoup de choses de cette époque, se définissent avec un halo de confusion. Le carreau en question est une petite meurtrière pratiquée dans le mur qui sépare l'office de l'entrée de la cave. Une découpe grossière, sans vitre.

     

    Je souris toujours. Alphonse me fait toujours sourire.

     

    Pour l'entrée de la cave, vous aurez deviné qu'on ne parle pas d'une vraie entrée ici mais de la pièce de débarras dans laquelle on retrouve l'escalier qui lui, mène à la cave. L'ouverture pour l'escalier a été pratiquée à même le sol de cette pièce. Cette ouverture peut être recouverte d'une trappe qu'on ouvre ou ferme à volonté pour utiliser le parquet de la pièce à d'autres fins.

    La trappe de la cave, c'est une vraie trappe cependant. Tout de même!

     

     

    Je perçois le rot d'Alphonse, comme un cri de ralliement. Je me soulève un peu et je peux l'observer par les interstices des planches du mur qui séparent l'office de l'entrée de la cave. Par le carreau ça serait trop évident, il me verrait. Il ne parle pas beaucoup Alphonse mais il est futé.

    Il se tient debout dans la pénombre, vraiment très près des marches qui descendent à la cave. La trappe est ouverte. Il a sa tenue négligée de toujours; des salopettes parce que, de jour en général, il est vidangeur ou piscinier, selon la saison. À l'époque, l'ébouage n'avait pas encore été inventé. Entre-nous on disait garbad'ge picker.

    Il prend une autre grosse gorgée de sa grosse bouteille de bière. Tellement grosses, hors formats, sa bouteille et sa gorgée, que lui, il m'apparaît minuscule. Ça semble être la deuxième gorgée de la première bouteille. Normalement le rituel est toujours le même : un long glou glou en velours de pomme d'Adam, un soupir, un long rot à nouer les orteils et puis une pause de bonne durée. Après un cycle de trois, il peut examiner le fond de sa bouteille par le goulot s'il le désire. Normalement, il recommence le processus avec une autre bouteille.

    Pendant ses pauses, il regarde droit devant. C'est vraiment court comme distance. Son œil focalise au maximum à deux pieds devant de lui. Accoté au chambranle de la porte, il ne parle pas. Parfois il murmure en remuant librement son appareil dentaire sans sa bouche. Pendant que sa langue se bat avec la stabilité de ses prothèses, son regard est toujours fixe.

    La pièce sert d'entrepôt pour les caisses de bière qui sont empilées à trente de haut devant lui. Ça emplit son droit-devant d'un mot unique, imprimé en gros caractères sur les caisses. Un seul mot bien visible malgré la pénombre permanente du lieu : MOLSON EX.

     

    Il s'abreuve de Molson Ex et son regard en est tapissé. Il boit même avec les yeux.

     

    Comme à la messe, il est dans un état de recueillement. Quand la lumière de l'entrée de la cave est allumée à son arrivée, il la ferme avant de déboucher sa première bière. Rapidement après son premier rot, il fixe la caisse de bière à la hauteur de son visage et brasse sa dentition. Incroyable, sur le coin inférieur droit de la caisse on peut lire en petits caractères:

    • Brassée au Québec

    Parfois il soupire lourd. Il doit faire vite, sa femme l'attend pour le souper.

    Moi, je l'observe. Il est sympathique. Les jours où je dois emprunter rapidement l'escalier de la cave, je débouche dans la pièce qu'il occupe sans crier gare. Il se laisse bousculer sans rechigner. Il est toujours mou Alphonse. Sa démarche est molle, même à son arrivée. Sa parole est molle, même s'il ne parle vraiment pas beaucoup. Ses gestes sont mous dans tout, il est presque apathique. À cette époque, ses nombreuses rencontres avec son dieu l'avaient probablement gratifié d'un degré éthylique permanent.

     

    La plupart du temps, les fins d'après-midi, je joue seul avec mes bonhommes sur la table de l'office. Quand j'ai voulu intégrer Alphonse à mes aventures, je n'ai eu qu'un minuscule pas à franchir.

    Il me fallait cependant être rapide. Il ne restait jamais très longtemps. Il pouvait caler deux bières en un temps record : à peine le temps d'un scénario. Parfois j'arrivais juste à temps pour empêcher des manants de polluer sa bière avec de l'hydromel de mauvaise qualité. D'autres fois, des paysans voulaient profiter de son équilibre incertain pour l'attirer dans un coupe-gorge afin de soulager ses goussets d'écus d'or et lui ravir ses fausses dents.

    Captivé par mes aventures, parfois je sollicitais plus d'attention de sa part. Alors, j'arrivais en trombe de son côté après avoir contourné l'office à la course. Je dévalais l'escalier de la cave, épée de bois à la main, lancé à la poursuite de ses assaillants en le bousculant au passage. Il ne se rendait compte de rien. Peut-être même se prêtait-il au jeu. De toute façon, il avait la tête en vapeurs. Les yeux remplis de MOLSON EX. Sa dentition aussi se brassait au Québec.

    Je l'ai inscrit aux olympiques dans la catégorie « coudée – avalée ». Comme à « l'épaulé – jeté », cette nouvelle catégorie donnait droit à une récolte de médailles complète. Il devait caler sa bouteille plus vite que la veille. La densité du rot donnait des points bonis.

    Le scénario de l'embuscade était le moins convaincant: Alphonse était sans le sous. Cocasse dans les circonstances : il manquait de liquidités.

    Parfois j'associais ses rots aux pétarades des moteurs d'avions de chasse de la deuxième guerre. Mais il n'était pas très habile dans les combats aériens : trop mou. D'autres fois, je le nommais agent double pour le KGB : des messages secrets étaient cachés sous les capsules de ses bouteilles de bière. Une visite de trois grosses bières pouvait facilement être associée aux secrets des recherches sur la bombe atomique. Attention, ça mettait les russes sur les dents.

    Il fumait peu mais quand ça lui arrivait, c'était des rouleuses manuelles : papier Vogue, avec la belle dame sur l'emballage, et tabac Zig-Zag. Du stock de gars! Ces journées-là, on oubliait les performances olympiques, il devenait révolutionnaire et fournisseur de cigares pour Fidel Castro.

     

    Tous les jours, il revenait et moi je l'attendais dans l'office pour une nouvelle aventure. J'apprenais beaucoup à l'observer.

     

    Une fois, il chaussait un nouveau jeu de dents. Il était méconnaissable. Même s'il faisait tout et plus, pour s'y habituer, il ne cessait de claquer des mâchoires en émettant un bruit de squelette énervé. Quelques jours plus tard, il a commencé à enlever ses prothèses pour boire. Étrange hein! De la Molson, ça ne devait pas être difficile à mâcher pourtant. Moi j'étais bien content à cause du calme retrouvé. Je pouvais mieux me laisser porter par la palette de bruits usuels. Plus inspirants. Mais je préférais quand il remisait sa dentition dans ses poches. S'il la déposait sur les caisses en avant de lui, parfois il l'oubliait et elle demeurait là jusqu'au lendemain. Ça brisait un peu la magie.

     

    Dans la vraie vie, si ses clients savaient limiter leur niveau d'attentes, Alphonse savait aussi bricoler. Il rendait souvent de menus services dans la place, surtout les weekends. Évidemment, la justesse de ses mesures était affectée par le niveau d'intensité de son état. Le produit fini était un peu plus d'équerre si on réservait ses services tôt le matin.

    On était au tournant des années 60. Pourtant, de toute ma vie, Alphonse est la seule personne que j'aie connue qui était propriétaire d'une automobile des années quarante. Les modèles à culs fuyants. Dans son cas c'était une Pontiac, Torpedoe, 1948, grise. La deuxième guerre mondiale était à peine terminée lors de la fabrication de ce véhicule. Sûrement encore présente dans l'esprit de bien des gens de l'époque. Sa machine était faite d'acier trempé je dirais : un vrai char d'assaut. Pour lui, c'était une condition préventive: je ne l'ai jamais vu conduire à jeun.

     

    Plusieurs jours par semaine, toutes les semaines de l'année, les péripéties se succédaient autant que je le voulais, c'était ahurissant.

    Un jour, après lui avoir fait tenir une quantité effarante de premiers rôles, je lui ai fait jouer le rôle de sa vie.

     

    C'était la journée où, dans le bureau de l'office, je lisais la bande dessinée de Lancelot du Lac et de ses amis de la Table ronde : chevaliers du roi Arthur. Avant que j'en arrive aux étranges comportements de Mégane, Alphonse est arrivé.

    Quelques soupirs, quelques rots, trois gorgées, un fond de bouteille et pshhh! Décapsulage de la deuxième.

    En quelques minutes, il avait pris la pose. Corps raide, en économie de gestes. Silence solennel. C'était rassurant de le voir ainsi, fidèle au poste, bonne ou mauvaise journée. Ce jour-là, j'ai eu une telle montée de gratitude pour Alphonse. Je l'ai nommé roi. Il règne encore sur une partie de mon vécu.

    Roi Alphonse!

    Digne. Altier. J'ai pensé à lui tresser une couronne de bouchons de bouteilles de bière mais je n'ai pas osé passer au geste. Je ne l'ai couronné que dans ma tête. J'aurais pu m'exécuter cependant. Quand on peut lester des pointes de flèches avec des bouchons de grosses Dow, un projet de couronne en capsules de Molson Ex, ça paraît facile.

    Je savais que sa femme n'avait rien des allures de la belle Genièvre et, de toute façon, elle était trop vieille pour moi. Malgré tout, pour le plaisir de la chose, je me voyais en Lancelot. Ma cérémonie de son couronnement a eu lieue dans l'arrière-boutique pendant qu'il consommait rapido ses bières quotidiennes. Dès le lendemain, je me suis fabriqué une panoplie de détails pour donner de la profondeur au nouveau personnage.

    Dorénavant, je serais messire Lancebière de la caisse, chevalier de la table de l'office, au service du Roi Alphonse. Pour le reste, une fois le décor campé, je pouvais y joindre autant de variantes palpitantes que le court temps des visites d'Alphonse le permettait.

    Roi Alphonse était puissant et riche. J'étais son chevalier. A sa demande je défendais les opprimés. Ça nourrissait ma fibre Robin des Bois. À cet âge, les époques peuvent se confondre sans conséquences.

     

    Pendant une longue période après le couronnement, tout de suite après Bobino, je regagnais l'office en hâte en attendant qu'il arrive pour le voir caler quelques bières et initier un exploit digne de sa cour avant de le laisser rentrer à la maison. Les journées sans mission particulière, je l'observais en silence. Quand même, on aurait dit qu'il devinait ma présence et la souffrait patiemment.

     

    Rapidement je me suis dit que son règne lui amenait des obligations que je me devais de connaître si je voulais être un preux chevalier sans peurs et sans reproches. Je manquais d'indices.

    Le roi Arthur avait sa quête de Graal mais, quelle était la quête du Roi Alphonse?

     

    Je n'ai jamais réussi à percer son mystère. Il se laissait entraîner aisément dans mes péripéties mais je n'ai jamais pu l'imaginer en voisin, en papa, en jeune marié… en mari. Pourtant, de toute évidence, tout ça c'était aussi lui.

    Jamais je n'ai pressenti de tendresse particulière chez mon suzerain pas plus que de méchanceté. Il était seulement Roi Alphonse, détenteur du trône de l'office. J'avais condamné Simone, son épouse, à vivre au loin, dans un hameau du royaume. Les soupers en famille mis à part, la solitude semblait être le prix du règne du Roi Alphonse.

    J'ai eu beau assiéger ses retranchements, jamais je n'ai réussi à faire abaisser le pont-levis menant à ses rêves chers. Pas plus visiter les oubliettes des donjons abritant certaines de ses aspirations.

    Malgré le couronnement, il est demeuré reclus derrière un mur fortifié de bouteilles de grosses Molson Ex, vides. J'ai dû me résoudre à l'imaginer seul presque tout le temps, occupé à manigancer pour augmenter la production de malt du royaume, aux dépens de ses serfs pourtant fidèles. Le pouvoir corrompt, tout le monde sait ça.

     

    Malgré tout, peu de temps après ces épisodes, j'ai cessé de chevaucher mon fougueux destrier pour voler à la défense des veuves et orphelins, sujets du Roi Alphonse. J'y ai été contraint. Le captivant monsieur Surprise commençait sa carrière à la télé et reportait ma disponibilité de trente minutes.

    À cette heure, le Roi Alphonse et lady Simone soupaient ensemble devant le pont-levis du château. C'était à l'extérieur de la zone fortifiée mais je n'étais jamais invité au banquet. Sa pierre à lumière demeurerait bien à l'abri, derrière ses yeux MOLSON EX. Malgré le fatras des fils de l'écheveau du temps, l'époque de son règne plane encore sur certaines de mes contrées intérieures. Il est demeuré un bon roi, fidèle et rassurant à mon endroit. Que son règne tienne, c'est ma volonté faite.

    Je l'ai vu aujourd'hui, j'arrive du cimetière.


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 10 Juillet 2013 à 02:57

    ¨Ça là....ben ...c'est comme je dirais, une grosse huitre bien brossée pour la mettre belle avec plein de perles dedans...

    Pis c'est pas rien, parce que les huitres...d'habitude c'est souvent ordinaire, pis quand cela en a , cela ne porte qu'une perle sur leur petit tapis du dedans d'elles. Cela doit être une huitre d'élevage , parce que tu as l'a élevé au rang de super huitre avec plein de belles perles qui coûtent chers...

     

    ca là....c'est ben beau ...Moi j'en ai pas de Roi Albphonse...juste un Saint Alphonse ..mais cela c'est une autre histoire....ça rien à voir...

     

    Isamalina x

    2
    Dididit Profil de Dididit
    Mercredi 10 Juillet 2013 à 06:04

    Oh! merci pour ton commentaire ... mais comme j'ai bénéficié de tes commentaires en cours d'écriture, c'est grâce à ta contribution cet allant.

    3
    Mercredi 10 Juillet 2013 à 15:05

    non non ...moi juste dis  pour la température de l'eau ...la belle huitre avec ses super belles perles...c'est toi l'éleveur x

    4
    Dididit Profil de Dididit
    Mercredi 10 Juillet 2013 à 15:45

    Bon... tu parles comme les grands chefs indiens dans les westerns américains. LOL

    5
    farniente
    Jeudi 18 Juillet 2013 à 20:31

     Ce Roi Alphonse qui tenait un peu de Merlin l'Enchanteur, puisque d'un simple coup de lingette humide il avait réussi à transformer en jaune la robe rose d'une courtisane de la Belle Époque.

    6
    Jeudi 18 Juillet 2013 à 20:38

    rireeeeeeeeeeeeeee et oui et la courtisanne s'appelait Molsonneeeeeeeeeeeeeee X

    7
    Dididit Profil de Dididit
    Vendredi 19 Juillet 2013 à 05:23

    Désolé Marie... une prise. Farniente le sait lui, que ce roi-là, il mettait de la pourde à canon dans son spic and span. Quand il faisait des ménages de fin de journées, c'était "la totale"... planchers, murs, meubles, cadres, peintures aussi. Tu avais intérêt à pas être assis dans la chaise devant le mur, sinon tu  passais à la javelle aussi.

    8
    Vendredi 19 Juillet 2013 à 16:14

    un n'empêche pas l'autre...

     

     

    9
    Gagnante
    Lundi 22 Juillet 2013 à 16:39

    Je suis toujours aussi éblouie par ta façon si intime de décrire les gens à travers une lunette si peu habituelle. J'EXIGE un livre de nouvelles avant l'année 2014. Ce ne serait pas juste de te contenter de quelques admirateurs... Ce serait d'un égoïsme .....

    10
    Dididit Profil de Dididit
    Lundi 22 Juillet 2013 à 19:02

    Vos lettres de noblesse sont tellement récentes, chère marquise, que j'ai eu peine à vous reconnaître. Encore faut-il que cette mission soit agréable à mon souverain. J'adresserai le propos quand il tiendra salon à sa stèle. (tellement trop mort de rire là!)

    11
    farniente
    Mardi 6 Août 2013 à 18:32

    Juste une intervention afin de permettre au Roi Alphonse de jucher son trône et


    lui-même par conséquent à la place qui lui revient de droit...le sommet du classement des articles les plus


    commentés. À tout Seigneur, tout Honneur!

    12
    Dididit Profil de Dididit
    Mercredi 7 Août 2013 à 17:31

    Pas mal pété statistique le gars! 

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